
La deuxième partie de mon voyage à travers la Nouvelle-Zélande m’a entraînée encore plus au sud, loin des attractions touristiques, là où la vraie vie suit son cours silencieux, serpentant entre les prairies verdoyantes et le bleu du ciel..
Le moment de mettre la main à la patte
Parmi les quelques trucs que j’avais envie de tester à un moment ou à un autre du voyage : le volontariat. Le concept est simple, on vous offre le gîte et le couvert en échange de quelques heures de travail quotidiennes. Non seulement on peut y apprendre des trucs marrants, mais en plus on se retrouve en immersion totale chez des vrais gens – quelle meilleure façon de voyager ? 🙂 Côté budget ça tombait bien aussi, parce que je commençais à râcler les fonds de tiroirs.
Prévoyante pour une fois, j’avais perdu quelques heures avant de partir à remplir mon profil sur Workaway et HelpX, deux sites qui mettent en relation les « volontaires » et ceux qui ont besoin d’aide (les « hôtes »). J’avais plus qu’à contacter l’endroit de mon choix et prier pour qu’on veuille bien m’y m’accueillir, bien qu’objectivement je sache pas faire grand chose 🤷♀️
L’autre truc que je m’étais dit, c’est que ce serait génial d’atterrir dans un endroit où il y avait des chevaux, parce qu’à l’époque j’avais une vraie passion pour ces bêtes-là, même si ça faisait bien 20 ans que j’étais plus montée sur qui que ce soit.
Enfin bref, voilà comment j’ai débarqué au Cosy Dell Arabians..

Le « prince du désert »
L’univers, non content d’exaucer mon souhait, ne m’a pas envoyée dans n’importe quelle ferme paumée, ramasser les déjections de je-ne-sais-quelle vulgaire carne. Héé non 😏 Je me suis retrouvée chez Trevor Copland, qui élève rien moins que des purs-sangs arabes. Et oui madame, comme dans l’Etalon Noir.
Il faut savoir que le pur-sang arabe est l’une des plus anciennes races de chevaux au monde. Surnommé « le prince du désert », il est réputé tant pour son élégance que pour sa rapidité et son endurance, héritée des origines lorsqu’il parcourait de longues distances à travers les zones arides du Maghreb, chevauché par les Bédouins.
C’est cette dernière qualité sur laquelle s’appuie le travail de Trevor, dont les chevaux sont principalement destinés aux courses d’endurance, une discipline hippique dont j’ai découvert l’existence à cette occasion, et qui consiste à parcourir de longues distances (entre 20 et 160km) en un temps minimum – et en gardant son cheval en bonne santé (si il crève juste après la ligne d’arrivée ça marche pas). Une sorte de marathon pour chevaux quoi.
C’est une véritable passion pour Trevor ; il en a fait l’oeuvre de sa vie et est absolumment intarissable sur le sujet. C’était tout aussi fascinant de l’écouter parler de son métier, que de le voir à l’oeuvre quand il travaillait avec ses chevaux. Un genre de Robert Reford dans « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » 🤠 (le brushing en moins)


La vie au ranch
Bon, c’est pas le tout mais d’abord il a fallu arriver jusque-là ! Partie de Queenstown, il fallait que je descende jusqu’à la ville de Gore. L’endroit n’étant pas très bien desservi, j’aurais mis un temps fou à y aller en bus. J’ai donc opté pour ma nouvelle spécialité : l’auto-stop 😊
Une fois de plus, succès total de l’opération : j’y étais en 3 ou 4h, avec seulement 10mn d’attente par-ci par-là et une belle galerie de personnages à la clé : un bijoutier en pleine crise de la cinquantaine, qui faisait crisser les pneus de sa voiture sportive jaune canari dans les tournants d’une route à flanc de falaise ; un couple de touristes retraités british aussi aimables et courtois que les anglais peuvent l’être ; une famille kiwi qui m’a calée entre le chien et l’ado piercinguée qui regardait défiler le paysage par la fenêtre, perdue dans un ennui insondable ; et pour finir un sympathique septuagénaire dans son 4×4 qui allait rendre visite à sa fille.
Enfin arrivée à bon port, j’ai été acueillie par Trevor et Laura avec une soirée pizza qui tombait à pic 👍

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J’ai découvert en arrivant que Trevor avait récemment vendu sa maison et vivait dans une sorte de hangar qui surplombait ses terrains – un genre de club-house pour les amateurs d’équitation. Le confort était assez minimaliste, mais la vue sur les hordes de purs-sangs qui galopaient en liberté dans les prés, carrément magique.. 🌟


Moi je dormais juste à côté, dans une cabane en bois avec juste la place pour un petit lit superposé et une table de chevet. Un petit nid douillet qui aurait été parfait.. s’il avait été équipé d’un chauffage !
Pas vraiment un détail quand on pense que l’automne néo-zélandais était déjà bien avancé, et que si le soleil chauffait encore bien pendant la journée, la température dégringolait dès la nuit tombée, jusqu’à 5 ou même 0°C.. 😖 Autant vous dire qu’après 6 mois passés à 35°C – ma température de confort optimale – la transition ne s’est pas faite sans douleur 😅
Le matin, je restais prostrée sous mes couettes en position foetale, impossible de sortir le nez de sous mes 5 épaisseurs de couette avant 8 ou 9h, quand l’air se réchauffait un peu. Du coup, je suis passée pour la fille pas vraiment pressée de bosser..

J’ai quand même tenu le coup une semaine, avant de jeter l’éponge et chercher un endroit où réchauffer mes petits os glacés. Trevor et Laura, autrement plus coriaces, devaient doucement rire de ma petite nature 😏





En plus de souffrir du froid, on peut pas dire que je pouvais me rendre très utile, mes compétences en matière de chevaux datant de la Préhistoire (décidément, ils ont dû se dire qu’ils avaient tiré le bon numéro 🤦😅). J’ai quand même essayé de donner le change en faisant un peu de ménage, de cuisine (un ragoût de boeuf improvisé m’a valu un franc succès), et en m’acquittant de deux ou trois tâches simples.
Je devais notamment donner le biberon à une adorable petite pouliche délaissée par sa mère . Une fois le lait chauffé, je sautais dans un 4×4 et j’allais la retrouver dans son pré. Dès qu’elle m’entendait l’appeler, elle approchait en hénissant doucement d’un petit trot léger et alerte, sa jolie tête fine redressée vers moi, pour se jeter goulûment sur la tétine. Adorable 🤗

Le reste du temps, je suivais Trevor et Laura dans leurs activités quotidiennes : changer les chevaux de pré, assister à différentes étapes de débourrage, aller voir une démonstration équestre..
Clou du spectacle, j’ai pu remonter deux ou trois fois à cheval 😎 Et jpeux vous dire que monter un pur-sang arabe, c’est pas n’importe quoi, même un papi retraité comme celui sur lequel je hissais mes fesses tant bien que mal.. Et quand en plus c’est pour aller se balader à travers les paysages magnifiques de la campagne néo-zélandaise, je vous laisse imaginer le bonheur 💚




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Bref, je suis repartie de là transie mais heureuse, une expérience inoubliable de plus à mon actif. Merci Trevor et Laura 🙏😉
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Pour ceux qui voudraient jeter un coup d’oeil, voici le lien du site internet du Cosy Dell Arabians : https://cosydellarabians.wordpress.com


Encore une magnifique aventure que tu n’oublieras pas et que tu racontes très bien.
Merci Catherine! 😊😘
Chaud froid tout en nuances piqué de quelques photos bien plus que belles.
« Bravavavo » en javanais.
🙏😊