
A partir de Queenstown, on peut faire pas mal d’excursions dans des coins plus sauvages et splendides les uns que les autres. Cette fois-ci j’ai pas cherché midi à minuit (cf. décalage horaire), j’ai opté pour les incontournables.
Milford Sounds aka Jurassic Park 🦕

Milford Sounds est l’un des sites les plus visités de Nouvelle-Zélande. Pourtant, une seule route permet d’y accéder (2h30 à partir de la ville de Te Anau, 5h de Queenstown). Pas d’hôtels ni de commerces sur place, la zone est préservée et inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Venir de Queenstown implique de se farcir un aller-retour un peu éprouvant : plus de 10h de bus pour à peine 3h de présence sur place 😓
En même temps, les paysages à couper le souffle qu’on a sous les yeux pendant tout le trajet font bien la moitié du plaisir..



Si Milford Sounds fait partie des activités touristiques les plus prisées du pays, on se sent pas non plus à Disneyland et ça c’est assez appréciable pour être souligné ☝️
Il faut dire que la Nouvelle-Zélande a le chic pour aménager ses zones touristiques et gérer ses ressources naturelles, tout en préservant l’aspect « sauvage » du territoire. Résultat, dans plein d’endroits on a l’impression de se balader dans des paysages pour ainsi dire vierges, mais y a quand même toujours un ptit panneau discret pour te dire par où aller, des chemins bien entretenus, des petites barrières quand c’est trop dangereux et des gens qui passent de temps en temps – donc pas trop de risque de crever la jambe cassée à attendre les secours.
Au menu des activités sur place : croisières en bateau, kayak ou tours en hélico (avec les prix qui vont bien 😰) Nous, on avait opté pour le grand classique : la croisière. Arrivées à destination, on a donc embarqué sur un bateau à touristes et c’était parti pour 2h de promenade sur l’eau, cheveux au vent, avec au programme : falaises dramatiques, cascades vertigineuses et lions de mer bronzant nonchalamment sur les rochers.



Tiens tiens, mais qu’est-ce que c’est un sound ? Et pourquoi dit-on que techniquement Milford Sounds n’est pas un sound mais un fjord ? 🤔 En fait, les deux termes sont souvent utilisés sans distinction. Ils désignent un bras de mer qui s’avance dans les terres à flanc de montagne, suite à l’inondation d’une vallée initialement située en-dessous du niveau de la mer. D’après mes recherches très poussées sur la 1ère page de Google, pour les uns le sound est juste plus large que le fjord, alors que pour les autres, la différence est un peu plus subtile : le fjord se formerait à partir de la fonte d’un glacier, tandis qu’un sound résulterait plutôt d’une simple rivière.. Bref, c’est un peu la même chose quand même quoi ! 🤷♀️




L’Aoraki / Mount Cook
L’autre excursion incontournable dans la région, c’est le fameux Aoraki, également connu sous son nom occidental « Mount Cook », en l’honneur du 2ème européen à avoir mis le pied en Nouvelle-Zélande.


***
Les plus malins remarqueront que Mount Cook n’est pas loin des glaciers où je m’étais déjà arrêtée quelques semaines plus tôt – oui mais comme y a pas d’accès de ce côté-là, on est obligé de faire tout le tour par Wanaka et l’intérieur des terres ☝️
Navigateur et explorateur britannique, James Cook a réalisé la première cartographie (quasiment) exacte des côtes néo-zélandaises. Il a aussi découvert pas mal d’endroits dans l’océan Pacifique et ailleurs (notamment Hawaï ou la Nouvelle-Calédonie). Rendu mondialement célèbre par ses exploits maritimes, il se fait quand même assasiner et cuire en broche par des autochtones à Hawaï qui n’avaient pas dû voir sa photo dans Gala, lors de sa 3ème et dernière expédition.
Et pendant tout ce temps, comme il s’était quand même marié entre deux tours du monde (pourquoi se priver ?), sa pauvre femme, qui n’avait pas dû bien lire ce qui était écrit en tout ptit en bas du contrat, l’attendait sagement à la maison. Pour couronner le tout, leurs cinq enfants sont morts les uns après les autres, à des âges divers – ironie ultime, le plus vieux s’est noyé à 31 ans. Comme quoi, derrière un grand homme, il y a souvent une femme dont la vie fait vachement moins rêver 😒 Un roman raconte d’ailleurs l’histoire du point de vue de sa femme, jlai pas lu mais ça a l’air très bien (Le retour, Anna Enquist). Voilà pour la minute historico-féministe.
Mais revenons à nos montagnes.
Plus haut sommet de Nouvelle-Zélande (3724m), l’Aoraki n’est pas vraiment un endroit secret : quand j’y suis allée mi-avril, c’est-à-dire au milieu de l’automne, il fallait encore réserver 2 ou 3 semaines à l’avance sa nuit dans l’une des deux auberges de jeunesse de la station. Comme Milford Sounds, la région est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui donne un début d’idée de la beauté du truc. J’y suis allée toute seule comme une grande, et ma foi, j’y ai savouré chaque bouffée d’air pur.
***
La route pour s’y rendre traverse des paysages sauvages et somptueux, où on aperçoit beaucoup de moutons et très peu d’êtres humains. Elle longe notamment le lac Pukaki et ses incroyables eaux bleu turquoise :





***
Arrivée sur place vers midi, je posais mon sac et avalait un sandwich à l’auberge de jeunesse, idéalement placée dans le Mount Cook Village, petit hameau endormi dans la vallée, au pied du massif. Une fois repute, j’entamais bravement ma première excursion. Objectif : le point de vue de Sealy Tarns, à quelques 1300m d’altitude.
Le chemin serpente d’abord paresseusement dans la vallée, bien à plat, avant d’arriver à flanc de montagne.. et là c’est parti pour 2200 marches qui grimpent de manière ininterrompue jusqu’au point de vue en question 😓 En tout, il faut bien 2 ou 3 bonnes heures de marche et des jambes en béton pour arriver au sommet, mais c’est splendide du début à la fin.
Les plus (masochistes ?) courageux poussent encore 2h plus haut jusqu’à Mueller Hut à 1800m et dorment dans le refuge ou bien repartent en sens inverse – 7-8h de rando en tout. Moi merci seigneur jsuis arrivée trop tard et mes 4h aller-retour m’ont amplement suffi 😌

Au fond a droite, on aperçoit déjà l’Aoraki






(qui ne se traduit sûrement pas par « vallée de la pute » dans ce contexte)




***
1ère mission accomplie ! 💪 Le matin suivant, après une bonne soupe et un gros dodo et malgré quelques courbatures, j’ai pris mon courage à deux pieds et je suis partie sur le sentier de Red Tarns, pour une très jolie balade, qui offre un autre point de vue grandiose sur la vallée.




Trois cents mètres de dénivelé, des centaines de marches (encore !) et quelques vues époustouflantes plus tard, on atteint une clairière paisible où somnolent plusieurs petits étangs, dont les eaux claires abritent de toutes petites algues rouges qui donnent leur nom à l’endroit. Un petit morceau de paradis 💚 L’itinéraire étant nettement moins prisé que celui de la veille, j’étais seule avec les oiseaux la plupart du temps. J’en ai profité pour faire une petite séance de zazen et remercier l’univers pour tout ça 🙏


***
Et voilà, encore deux étapes mémorables de ce voyage au long cours 🙂
La suite de mes aventures néo-zélandaises m’a emmenée encore plus au sud, loin des touristes, pour mes premières expériences de volontariat. Mais ça, ce sera pour la semaine prochaine..
Hei Konā ✌ (= « à bientôt », et non pas « salut les connards »..)

Superbe voyage…je continue avec toi
Génial ! Alors je continue de raconter ! 😊
A part prendre une photo à la verticale au dessus de soi, on se demande comment en rater une dans un tel endroit.
Voilà, t’as tout compris 🙂