
Après Nelson et Punakaiki, je poursuivais ma route vers le sud en longeant la côte Ouest. La prochaine étape sur ce circuit ma foi très classique, c’est les glaciers. Il y a en deux, Fox Glacier et Franz Joseph Glacier ; j’optais un peu au pif pour le premier, qui m’avait l’air plus tranquille.

Un trajet instructif
Sur la route, en plus des paysages à couper le souffle, on a eu droit comme à chaque fois à une véritable visite guidée. Il faut savoir que les chauffeurs de bus Intercity sont de vrais guides tourisitiques. Ils passent une bonne partie du trajet à t’abreuver de tout un tas d’anecdotes sur la région, assaisonées à l’humour local. C’est cool quand on a la flemme comme moi de lire son Lonely planet, et ça berce quand on a envie de faire une petite sieste 🤤
Celui qui nous conduisait cette fois-ci nous a fait un véritable one-man show, c’est tout juste si on n’avait pas droit aux rires enregistrés à la fin de chaque phrase (!) J’ai pas noté ses blagues, mais franchement il était bon 👍😌

Entre deux ptits sommes, j’ai retenu quelques fun facts : par exemple, sur les 5 millions d’habitants que compte la Nouvelle-Zélande, seuls 30 000 irréductibles ont élu domicile sur la sauvage côte Ouest de l’île du Sud. Les gens du coin sont apparemment réputés pour leur fiabilité et leur sens de la solidarité : de vrais Mac Gyver les types ! Et en effet, pour survivre sous ces latitudes hostiles, pas d’autre choix que de se tenir les coudes : la météo est la plupart du temps exécrable et les rares routes sont régulièrement rendues impraticables par les tempêtes et autres éboulements, ce qui en fait aussi la région du monde qui compte le plus grand nombre d’hélicoptères par habitants : impossible de se déplacer autrement dans certains coins ou à certaines époques de l’année 😳
D’ailleurs, c’est ce qui est arrivé juste après mon passage. Des pluies torrentielles se sont abattues sur la région, entraînant de fortes inondations, des glissements de terrain, et surtout l’effondrement spectaculaire du pont qui enjambe la rivière Waiho sur la Hignway 6 (la seule route qui passe entre les deux glaciers). A quelques jours près, je serais restée coincée là et j’aurais ensuite dû rebrousser chemin et repartir vers le nord 🤦♀️ Une fois de plus, je l’ai échappé belle 😅
Ah oui et puis j’ai appris qu’il y avait de l’or dans la région 🤠💰 La plus grosse pépite officiellement trouvée en Nouvelle-Zélande (3kg quand même), surnommée « L’honorable Roddy », aurait été découverte en 1909 près de la ville de Ross. Son propriétaire, inquiet à l’idée de se la faire piquer, l’aurait peinte en noir et utilisée comme pas de porte dans l’hôtel de la ville pendant plusieurs années (!) Pas con le type 😏
Ensuite vendue aux enchères pour financer l’hôpital du coin, elle a finalement été offerte en cadeau de couronnement aux anglais, qui se sont empressés de la fondre pour en faire un service à thé (si, si). Bref, chacun voit midi à sa porte (c’est le cas de le dire).

Fox Glacier et sa forêt enchantée
Fox glacier est un petit hameau – littéralement quelques pâtés de maison – gentiment blotti au pied de la montagne. Arrivée en fin d’après-midi, j’y ai retrouvé avec plaisir John, mon camarade de l’étape précédente – vous savez, l’américain qui faisait la route à vélo. Plutôt courageux quand on voit la côte qu’il fallait se taper entre les deux vallées.. 😱

On en a profité pour déguster une délicieuse Pavlova, fameux dessert à base de meringue et de fruits, nommé ainsi d’après la ballerine russe éponyme de passage dans le coin dans les années 20. Quant à l’origine exacte de la recette.. c’est un énième sujet de discorde entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande ! (chien et chat je vous dis 🙄)

Une fois repus, on est partis faire une petite promenade nocturne dans la forêt, pour une expérience absolument magique.. Vous vous souvenez de la grotte aux vers luisants de Punakaiki ? Et ben là, c’est dans les arbres et sur la mousse qu’ils avaient élu domicile. Des centaines de petites lucioles éclairant la nuit de leur minuscule halo bleu-vert.. C’était comme déambuler dans un rêve..
Malheureusement, les superpouvoirs de mon téléphone chinois en matière de photo étant réduits à néant dès que la nuit tombe, je n’ai pas pu capturer la beauté irréelle de cette promenade poétique et enchantée. Mais c’est un de ces moments que je n’oublierai pas de si tôt..
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Je suis retournée me balader sur le même petit sentier à la lumière du jour pour mieux apprécier l’incroyable luxuriance moussue de ce morceau de jungle. Ça donne envie de se transformer en marsupilami pour s’élancer de branches en lianes, rebondir sur les fougères géantes et atterrir les fesses sur un tapis de mousse bien moelleux 🐒😊 Décidément, je crois que la forêt néo-zélandaise fait partie des plus belles choses qu’il m’ait été donné de voir jusqu’ici 🙏💚



Le baptême
Pour ce qui était du glacier lui-même, on ne pouvait malheureusement pas y accéder à pied, y fallait réserver une excursion en hélico à 200 dollars le quart d’heure (j’exagère à peine). Bref, j’ai passé mon tour et je me suis contentée d’aller l’admirer de loin, en remontant la route qui longeait le torrent. L’occasion de tester pour la première fois un truc qui m’a bien servi par la suite : l’autostop ✌
On m’avait dit que ça marchait très bien en Nouvelle-Zélande, et là justement l’heure tournait et la nuit risquait de me surprendre. Par chance, une voiture arrive, je lève le pouce et je me fais embarquer illico presto par une française très sympa qui allait voir le glacier elle aussi, et qui m’a même gracieusement redéposée au village derrière. Je ne le savais pas encore, mais c’était le début d’une carrière florissante d’auto-stoppeuse en herbe 🙂

Le lac Matheson (⚠️ Attention : risque de fracture de l’oeil ⚠️)
L’autre truc à faire dans les environs, c’était une rando autour du lac Matheson, avec vue sur le glacier (et oui, toujours lui). Je suis donc partie bravement à pied un matin en direction du lac, et comme vous pourrez le constater ci-dessous, le décor n’était pas désagréable :







Arrivée au lac, j’ai suivi le sentier qui serpentait agréablement le long des rives, avec de temps en temps une vue à couper le souffle sur l’eau et la montagne.





Sur le chemin du retour, une agréable surprise m’attendait : au moment de reprendre la route vers le hameau, une voiture me dépasse, s’arrête, puis fait marche arrière pour revenir à ma hauteur. Deux filles dans la vingt-trentaine me demandent si je suis française, cf. le sac à dos Décathlon (décidément, c’est à se demander s’il n’y a pas plus de touristes français en NZ que d’autochtones 🤔) Bref, je dis que oui, et elles me proposent de me déposer au village – je marchais déjà depuis près de 3h donc re-oui ! Et voilà comment j’ai obtenu ma deuxième étoile d’auto-stoppeuse sans même l’avoir demandée 😎
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Après tout ça, il était temps de quitter ce cher Foxy et de poursuivre ma route solitaire vers le sud. Et Dieu sait que je n’étais pas au bout de mon émerveillement..
