
J’ai donc dis aurevoir à Charan, et c’est là que les choses sérieuses ont commencé. Prudente, j’ai opté pour une destination vaguement touristique, histoire de pas être trop larguée. J’ai donc embarqué dans un bus pour Munnar, un village situé dans les hauteurs, à quelques heures de route de Kochi vers l’intérieur des terres. Ancienne station prisée des britanniques, on y trouve un air un peu plus frais et de jolies collines verdoyantes.
Première expérience (mémorable) en auberge de jeunesse version indienne
Le trajet en bus s’est déroulé sans trop d’encombres (si tant est qu’être assis pendant 5 heures à quatre sur une banquette prévue pour deux personnes par 40°C, dans un bus qui prend les virages des petites routes de montagne comme si on faisait le Paris-Dakkar corresponde à la définition de « sans encombres » 🙂)

J’avais réservé la seule auberge de jeunesse du coin, le Shire hostel, dont les évaluations sur les sites de réservation avaient la particularité d’être soit franchement dithyrambiques (« ma meilleure expérience, allez-y ! »), soit carrément catastrophiques (« à fuir !! ») Etrange 🤔
Arrivant à proximité d’après Google Maps, je descends du bus plus ou moins au milieu de nulle part. Une autre blonde descend aussi, elle s’appelle Yvonne, elle est suisse, travaille à la Croix Rouge, et elle se dirige elle aussi vers l’auberge. On ne le sait pas encore, mais on va être bientôt amenées à partager plus qu’un simple trajet à pied..
On finit par arriver dans une petite maison, à l’intérieur de laquelle on tombe sur quelques collègues backpackers qui palabrent, assis autour de l’unique table de la pièce commune, d’une propreté toute relative. Pas l’ombre d’un manager. On nous conseille d’appeler un numéro – personne ne répond. On nous dit qu’ils devraient revenir d’ici quelques heures (?!). J’avais prévenu de l’heure à laquelle j’arrivais, mais tant pis. On explique qu’on a payé nos lits sur internet, pourtant tous les matelas semblent déjà occupés.. Là, les autres nous annoncent que le cas est classique : tous les soirs des gens débarquent en ayant réservé et sont recasés ailleurs parce que l’auberge est surbookée.. Allons bon. On commence à se demander dans quoi on est tombées, et surtout où on va bien pouvoir dormir 😅
En attendant, malgré (grâce à ?) l’absurdité de la situation, l’ambiance est tout à fait chaleureuse : les uns rentrent de promenade et nous saluent joyeusement, les autres débarquent comme nous et essaient de comprendre ce qui leur arrive. Tous ont droit à la même question : « Et toi, est-ce que t’as un lit ?? » La tête des nouveaux arrivants quand ils comprennent le bordel engendre un certain comique de répétition, et c’est le fou rire général assuré. Il y a des anglais, des israéliens, une indienne, une italienne, un espagnol.. Bref, une véritable arche de Noé humaine. Tout ce monde là papote gaiement, assis un peu n’importe où par terre pour ceux qui n’ont pas de place autour de la table.
Les « gérants », deux indiens post-pubères, finissent par débarquer pas du tout gênés une ou deux heures plus tard avec le dîner – des chapatis et du dahl – qui sera partagé gratuitement entre tous ceux qui veulent (dont nous). Sympa. On nous rassure : non, il n’y a plus de place dans l’auberge, mais on va nous dégoter une autre chambre pas trop loin. Je me dis que c’est pas plus mal vu la tête des dortoirs.. Bref, zéro organisation, comfort et propreté à la limite du tolérable.. c’est du grand n’importe quoi, mais on s’amuse bien et on on n’a pas le ventre vide !


La journée a été longue, Yvonne et moi on commence à piquer du nez. On nous emmène juste en face, de l’autre côté de la route, dans une pension autrement plus propre et confortable que les dortoirs douteux de l’auberge. Revers de la médaille : il n’y a qu’un lit double ! On se couche en se félicitant de notre matelas douillet et de notre douche privée, mais en se disant que quand même, c’est bien la première fois qu’on partage le lit de quelqu’un qu’on a rencontré 2h avant.

Premier jour : petit tour du propriétaire
Le lendemain, on est partis se balader dans les environs avec ceux qui voulaient, y compris le chiot de l’auberge qui s’était mis en tête de nous suivre partout. On a trempé nos pattes dans l’eau glacée d’une superbe cascade, on s’est perdus dans les petits chemins en essayant de suivre une route improbable sur Maps me, qui en fait n’existait pas – bref, 4h plus tard on a sauté dans un tuktuk et fini dans un super resto local, qui nous a servi de copieux thali bien mérités.










Deuxième jour : la vraie rando
Le lendemain matin, Yvonne m’a gentiment proposé de me joindre à elle et un ami qui venait d’arriver pour une randonnée en bonne et due forme. Au programme : lever à l’aube, départ en tuktuk pour rejoindre le guide et ptit déj local pour se donner des forces.

La rando commence au milieu de nulle part, par un sérieux dénivelé qui me fait regretter les excès de ces derniers mois 😓 Purée, il est que 7h du mat.. Au fur et à mesure qu’on monte, on sort de la forêt pour se retrouver à flan de colline, où un vent glacial souffle de toutes ses forces sur nous, à tel point qu’on vacille presque à chaque pas. C’est un peu comme si on bravait une tempête sur la banquise – ça rajoute un certain piment à l’aventure qui n’est pas pour me déplaire.
A l’arrivée au premier sommet, la récompense est au rendez-vous : une vue imprenable à 360° sur les montagnes et les vallées environnantes :




La balade continue, ça monte, ça descend.. Petite pause déj où on déguste de délicieuses spécialités locales préparées par la maman de notre jeune guide. Il fait un temps superbe et c’est bon d’être en vie ☀️






Et pour couronner le tout, la balade se termine en serpentant dans les chemins ondulés et verts des plantations de thé :





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Cinq heures plus tard, on retrouve la civilisation et un tuktuk nous ramène à l’auberge, où j’ai rendez-vous avec Shaina, ma nouvelle super copine indienne, pour prendre un bus de nuit qui nous ramènera à Bangalore (c’est impec parce que le bus couchette en solo, j’étais pas tout à fait convaincue 😬). Il y aurait eu encore beaucoup à voir, mais voilà, le Kerala c’est fini pour cette fois..

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Dans le prochain épisode, retour dans l’état du Karnataka avec deux autres auberges miraculeuses et leur lot de belles rencontres et aventures de tout poil. Stay put ! ✌😘
