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Nusa Penida (4/4) : suite et fin

Allez, un dernier petit mot sur Nusa Penida la belle, avant de partir pour Ubud et la Malaysie.

Mon QG au marché du soir (« pasar malam »)

Tous les soirs à Sampalan, le village où je dormais, se tient le marché de nuit, qui consiste en quelques boui-bouis sur roulettes qui vendent une nourriture locale pas chère et (très) épicée. Beignets frits de toute sorte (« gorengan »), soupe de poulet (« soto ayam »), brochettes grillées (cramées) dégoulinantes de sauce (« sate »), riz et pâtes frites (« nasi goreng », « mie goreng »)… Bref, de quoi épargner un porte-monnaie mais flinguer un régime.


Dès le premier soir, j’ai été attirée par le stand du fond qui avait l’air particulièrement appétissant. C’était celui d’Ibu Jero (« Ibu » = maman, madame), un sacré personnage pour qui je me suis tout de suite prise d’affection – et réciproquement. Elle vendait un délicieux « gado-gado », un mélange de légumes et de riz généreusement arrosé de sauce à la cacahuète.

Le gado-gado d’Ibu Jero

Au début, je dois avouer que la communication était plutôt limitée, son anglais étant inexistant et mon indonésien balbutiant. Mais je suis tout de même revenue tous les jours, pour manger ou juste pour dire bonjour et papoter avec les locaux qui mangeaient là, sur une petite table en plastique. A force de gesticulations et de recherches sur Google traduction, mon vocabulaire s’est progressivement élargi. A la fin on discutait comme deux vieilles copines 🤗

Quand elle me voyait arriver, elle m’offrait une mangue, des biscuits (ne me demandez pas ce qu’il y avait dedans) ou des petits anchois tellement épicés que quelques une de mes papilles se sont sûrement suicidées à leur contact.. Bref, je m’y sentais comme chez moi et nous nous sommes quittées à regret, après promesse de revenir.

 

Le combat de coqs, un sport national

A défaut de PMU, l’une des activités favorites dans les villages est le combat de coqs. Les martiniquais(es) qui me lisent connaissent déjà bien la question, mais pour nous autres métropolitains, c’est quand même un truc improbable.

L’autre jour, en traversant l’île pour aller risquer ma vie à dégringoler je ne sais quelle falaise, je suis passée dans un village où un événement de première importance semblait se dérouler sous un préau, rassemblant une foule jacassante et créant une animation plutôt inhabituelle. Ni une, ni deux, je gare mon scoot et je m’approche sur la pointe des pieds. Je m’aperçois alors qu’il s’agit probablement du championnat annuel de combat de coqs du village, à en juger par la foule compacte (excusivement masculine) et l’excitation qui règne. Personne ne remarque ma présence, tout occupés qu’ils sont à parier et à s’invectiver.

Les propriétaires des deux coqs en lice commencent par brandir leur animal respectif pour les faire admirer à l’assemblée et les convaincre de leur potentiel.
Puis les paris commencent, les billets volent, et là on a du mal à comprendre comment ceux qui les réceptionnent arrivent à garder le fil des comptes.. 😅 mais ma foi, ils ont l’air de s’y retrouver.

Alors les dresseurs de coqs commencent à énerver leur bête en les pinçant et en leur donnant des claques – oui, là ça devient un peu plus dur à suivre pour mon petit cœur d’occidentale abonnée pendant 10 ans à 30 millions d’amis. Et puis soudain, hop, c’est le lâcher de coqs et les deux pauvres bêtes se jettent l’une sur l’autre, et la foule rugit de plus belle à chaque assaut.. Jusqu’à ce que le premier round s’achève et que les deux hommes récupèrent leur champion plus ou moins ensanglanté.

Bon, de là a éclaté une dispute entre les deux belligérants : ils n’avaient pas l’air d’accord sur la conclusion à tirer de ce premier échange. Je crois qu’il y avait un mauvais perdant 😕 Toujours est-il que le ton est monté, l’arène s’est remplie, et moi j’ai décidé de m’éclipser avant que ça tourne au pugilat – et surtout avant de voir l’une de ces deux pauvres bêtes y laisser davantage de plumes.

Conclusion : pas vraiment ma tasse de thé, mais une vraie scène de la vie balinaise, loin des balançoires au-dessus de l’eau turquoise et des smoothies à la banane.

Prière des fleurs et danses balinaises au temple du village

Un autre jour, je m’apprêtais à partir à la plage, quand je croise Wayan, l’homme qui tient avec sa famille la pension où je dors. Dans la conversation, il me dit qu’il y a une cérémonie au temple aujourd’hui et, voyant ma mine intéressée, me propose de venir si je le souhaite. Ni une, ni deux, j’oublie la plage et j’accepte l’invitation. C’est Kadeh, la cousine de Wayan, qui me fournit gentiment un habit adapté (sarong jaune, haut en dentelle blanc et ceinture satinée violette), m’aide à enfiler le tout (tout un art !) et m’embarque avec elle direction le temple du coin. On passe d’abord chercher une de ses copines, dont la maman nous coiffe à la mode locale, fleur de frangipanier dans les cheveux.

Avec Kadeh, sa soeur et l’adorable petite Rona

Sur le chemin, les gens me dévisagent en souriant et en interrogeant les filles sur ma provenance – une « bule » (= touriste) déguisée en « orang bali », ça ne court pas les rues par ici. Nouveau moment Céline Dion, un peu gênant mais je tente de faire bonne figure en souriant à qui mieux mieux. Arrivée au temple, on s’assoit par terre – avec le sarong qui m’empêche d’écarter les jambes de plus de 10cm, c’est pas une mince affaire. S’ensuit une bonne heure d’attente, pendant laquelle je papote avec mes nouvelles copines et j’apprends plein de nouveaux mots en indonésien.

Ici, pas d’atmosphère mystique ni de silence recueilli comme à la messe, c’est plutôt la fête du village. Les enfants gloussent, les mamans discutent, bref, c’est une joyeuse cohue. Des plateaux posés sur les autels regorgent de montagnes d’offrandes en tout genre : fruits, fleurs, gâteaux, billets..

Les hommes, eux, sont rassemblés dans une autre partie du temple où se tient l’orchestre de gamelan, au son duquel vont bientôt entrer tour à tour trois groupes de danseuses pour effectuer trois danses traditionnelles : les femmes d’âge mûr, les adolescentes, et enfin les très jeunes filles. Dewi, la femme de Wayan, fait partie du premier groupe. Elle est ravissante et son pas est gracieux. La maman de Wayan est aussi là avec nous dans l’assistance, ainsi que Kadeh (une autre !), une employée de l’hôtel.

La maman de Wayan
La danse des mamans

Lorsque toutes les danses sont achevées, le silence se fait soudain pour une courte prière. Kadeh m’explique quoi faire en chuchotant. Après avoir allumé un bâton d’encens, chacun positionne devant lui l’une de ces petites offrandes confectionnées dans des feuilles de bambou, et y prend trois pétales de trois fleurs différentes qu’il tient entre ses mains jointes en prière, avant de les glisser derrière son oreille ou dans ses cheveux. Le rituel se répète trois ou quatre fois. Apparemment les dieux aiment les jolies choses, c’est pourquoi on leur offre des fleurs. S’ils existent, je pense que c’est vrai ☺

Enfin, un genre de prêtre passe avec ce qui semble être de l’eau bénite dont il asperge la foule par petites gouttes et nous tend une coupelle avec du riz mouillé dont on se colle quelques grains sur le front, sur le cou et dans les cheveux.

Entre temps, la nuit est tombée. Après l’incontournable séance d’autographes (selfies avec quelques familles du coin), retour à la pension, main dans la main avec Rona, la fille de Dewi et Wayan, petit singe entêté et joyeux du haut de ces cinq ans, qui dès lors ne me quitte plus et viendra de temps en temps me tenir compagnie dans ma chambre, fouiner dans mes affaires et essayer mon maquillage.

D’autres visages croisés au fil de ces deux semaines..

La maman de Wayan en pleine préparation d’offrandes
Les adieux avec Dewi

Et pour le dessert, une petite bande son 🎶

Les photos c’est bien, mais avec le son c’est mieux ! J’ai pensé enregistrer quelques extraits sonores particulièrement caractéristiques de l’ambiance qui règnait ici. Le son de mon smartphone chinois n’est sûrement pas terrible, mais ça donne une petite idée quand même.

La mer 😍

Un joli zoiseau

Le chant du coq, tout en délicatesse (Amel, jpeux pas m’empêcher de penser à toi chaque fois que je les entends 😂😂)

De ma douche à ciel ouvert, le son des enfants qui s’amusent à jouer du gamelan (*orchestre traditionnel javanais ou balinais composé d’un ensemble de percussions et xylophones de différents types / tailles => on en reparle bientôt)

La course est serrée !

 


Bye bye les cocotiers..

 

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