En arrivant à Jakarta, j’envisageais de commencer par aller sur l’île de Sulawesi qui regorge de trésors (oui, là où il y a eu le tsunami). J’avais pensé aussi à Lombok qui est censée être magnifique (là où il y a eu le tremblement de terre cet été). Bref, clairement pas le moment idéal pour aller se balader dans ces coins-là.. Je cherchais donc un autre endroit où continuer à m’acclimater tranquillement, si possible pas trop loin de Java où je devais peut-être recroiser un copain, et avec un semblant d’ambiance locale, donc pas trop infesté de touristes.
C’est là où j’ai entendu parlé pour la première fois de Nusa Penida, une petite île au sud est de Bali, sur le chemin de Lombok. Encore épargnée par le tourisme de masse qui sévit désormais à Bali, c’est un véritable petit havre de paix où j’ai débarqué pensant rester quelques jours, et que je me suis difficilement résolue à quitter au bout de deux semaines.

Un trésor qui se mérite
Bon, c’est pas le tout, mais d’abord il a fallu y aller. Comme chaque fois qu’il faut se rendre d’un point à un autre ici, une seule solution : s’armer de patience. Heureusement, avec mes 11 mois de voyage devant moi, j’en ai à revendre. Après un vol Jakarta-Denpasar (miracle : pas trop de retard !) je m’étais mis en tête de prendre un bus local plutôt que de me ruiner en taxi, et d’aller non pas à Sanur, le port le plus proche où il n’y aurait que des « bateaux rapides » (donc chers) pour faire la traversée, mais plutôt de me rendre à Padangbai, où un ferry public devait théoriquement finir par me déposer à Nusa Penida. Théoriquement. Parce qu’en réalité, impossible de trouver un bus à l’aéroport de Denpasar, et quand j’ai fini par arriver à Padangbai en fin de journée après moults aventures et quelques heures d’attente et de tractations diverses, j’ai appris que le ferry était en réparation et qu’il n’y avait que des fastboats (!) Voilà, parfois il faut se résigner à sa triste condition de touriste 😅
Enfin dans tout ça, j’ai quand même fait la connaissance de Tiwi, une jeune indonésienne très sympathique, originaire de Java, qui rendait visite à sa cousine à Denpasar. La cousine en question m’a très gentiment invitée à déjeuner chez elle, où j’ai dégusté un délicieux soto ayam (*soupe de nouilles, légumes et poulet) qui m’a redonné du courage pour la suite du périple.



Après une nuit sans histoires à Padangbai, j’ai sauté dans un fastboat le lendemain matin et j’ai posé ma première tong sur Nusa Penida avant midi. Evidemment je n’avais rien réservé, me disant que j’allais y aller au feeling. Ça avait marché la veille, mais là j’ai été moins chanceuse. Je me suis retrouvée dans une chambre chez l’habitant qui aurait été correcte s’il ne faisait pas 40 degrés dans ma chambre, que le ventilo n’avait pas cent ans d’âge et un fil tellement court qu’aucun air n’arrivait jusqu’à mon lit, si la salle de bain n’avait pas été à l’autre bout de la cour avec une porte qui ne fermait pas… mais surtout, surtout si je ne m’étais pas réveillée le lendemain bouffée par ce qui ressemblait bien à des punaises de lit 😣

Arrrrgh… celle-là je l’avais pas vu venir !! Bon, encore un truc à rayer sur la liste des incontournables à vivre un jour ou l’autre en voyage. Mais plutôt chanceuse dans mon malheur, j’ai trouvé une pension beaucoup plus agréable pour la modique somme de 13€/nuit (un peu au-dessus du budget mais fallait que je me remette de mes émotions), où j’ai pu laissé mes affaires en quarantaine au soleil (ça tue ces maudites bêtes). Je croise les doigts, mais je n’ai pas été repiquée depuis.. « Mudah mudahan » comme on dit ici – grosso modo « espérons que les choses se passent bien ». Je vous laisse juger de la bicoque.




La crise de parano passée (pour ceux qui n’ont jamais entendu parler du problème des punaises de lit, je vous invite à faire une rapide recherche sur Google, vous comprendrez mieux), j’ai pu commencer à explorer l’île. Et ma foi je n’ai pas été déçue du voyage. Ici, tout est une aventure, et mieux vaut avoir le cœur bien accroché !
Ça commence avec les routes : ici, pas de transport public, tout se fait en scooter ou en voiture pour les plus riches (donc pas moi). Ni une ni deux, dès le premier jour j’enfourche mon scooter du haut de mes trois jours d’expérience l’année dernière à Java, et j’essaie de ne pas me scratcher au démarrage. Ici, le débutant à roulettes est confronté à plusieurs problèmes d’envergure :
- Il faut en moyenne 45mn pour se rendre où que ce soit sur l’île ;
- Les routes sont en général juste assez larges pour qu’un scooter et une voiture se croisent donc mieux vaut bien viser sinon tu atterri dans le fossé ;
- Ça tourne beaucoup, souvent, et impossible de savoir ce qui va surgir devant (avec un peu de malchance un gros 4×4 qui roule au milieu de la route) ;
- L’état des routes est disons… variable. En fait, quelque soit l’endroit où tu vas, y a des chances pour qu’une partie au moins de la route ne soit que nids de poule, cailloux et pentes pas vraiment douces…
Bref, une bonne école ! 😅
Une allemande bien amochée qui s’était fait (mal) soigner au dispensaire local avait d’ailleurs entendu là-bas qu’ils recevaient tous les jours plusieurs personnes plus ou moins écorchées suite à une chute en scooter. Pas tellement enthousiaste à l’idée de m’estropier dès le début du voyage, je me suis fait un point d’honneur à rouler bien gentiment, avec mon casque solidement attaché sur ma tête et un semblant de pantalon pour protéger mes bobettes. J’ai aussi rapidement adopté la conduite locale : tu veux que la voiture en face se pousse ? Tu klaxonnes. Tu veux signaler ton arrivée dans un tournant ? Tu klaxonnes. Tu veux doubler ? Tu klaxonnes. Bref, tu laisses ton doigt sur le klaxon en permanence et tu pries pour que tout se passe bien.

Bon, quand tu as survécu au trajet en scooter, c’est pas fini : il te faut en général soit monter/descendre des tonnes de marches d’un mètre de haut, soit descendre une pente à pic plus ou moins en rappel à l’aide de bouts de cordes ou quelques bambous plus ou moins solides sur lesquels t’appuyer. Si tu as un tant soit peu le vertige, tu peux faire ton signe de croix – voire rédiger ton testament. Mais la récompense est de taille à l’arrivée : points de vue époustouflants, plages sauvages magnifiques…
La suite en images dans le prochain post 😉
Oh lô fais don ben attention à tes bobettes !!
Hihi c’était pour voir si tu suivais! 😉
Coucou Marie.
C’est julien (et flo) on s’est rencontré à Karimunjawa.
On comptes faire un tour du monde l’année prochaine et c’est un plaisir de te lire 🙂
Prends soin de toi.
Selamat Jalan !
Heeey !
Trop cool d’avoir de vos nouvelles 😊✌
Génial cette histoire de tour du monde, peut-être qu’on se recroisera quelque part ! Moi je suis flemmarde, je reste en Asie au soleil 😏
A bientôt bizz
NB : la photo de couverture du blog a été prise à Karimunjawa 😉😍