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Jakarta la mal-aimée (2/2)

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A la découverte de la ville (suite et fin)

En dehors de deux ou trois sites/monuments pas franchement incroyables qui témoignent surtout de son passé colonial, Jakarta n’offre pas grand intérêt en matière de tourisme à proprement parler. Qu’à cela ne tienne, je ne suis là pour enchaîner les musées. Me voilà donc décidée à trouver un endroit où prendre un cours de danse, si possible traditionnelle, ainsi qu’un endroit où méditer. La première enquête se soldera par des kilomètres à respirer des pots d’échappement et rien de très convaincant à la clé, mais m’aura donné l’occasion de sillonner un peu cette ville immense et de découvrir l’existence de quartiers beaucoup plus chics que ceux que j’avais vu jusque-là, avec de somptueuses villas et des rues entières dont l’accès est protégé par des portails et des gardiens – des sortes de gated communities. Le contraste avec le quartier chinois où je suis est frappant.

Pour ce qui est de la méditation, j’ai fini par dégoter le « Golden Space », un institut pseudo New Age, plutôt hype (d’où une partie de l’offre en anglais, heureusement pour moi). Le centre proposait une séance de méditation pour « booster son énergie » le soir même. Un peu sonnée quand même par le voyage et surtout par le gouffre béant que représentait cette année de totale improvisation qui s’ouvrait devant moi, je me suis dis qu’une heure à me recentrer sur moi-même et à respirer un air à peu près pur (et surtout climatisé) ne pourrait pas me faire de mal. Je ne m’attendais certainement pas à ce qui allait suivre 😅

En fait, il s’agissait plutôt d’une séance de thérapie de groupe plutôt musclée, dans laquelle je me suis retrouvée à hurler en chœur avec une dizaine d’indonésiens, moitié jeunes cadres dynamiques, moitié ménagères de plus de 50 ans. Complètement improbable, mais expérience mémorable ! Le jeune homme qui animait la séance était très pro et bienveillant. Quand il a commencé à expliquer le déroulement de la séance, je me suis dit que c’était trop drôle d’avoir atterri là et pourquoi pas jouer le jeu à fond. J’ai quand même timidement levé la main pour dire que j’étais pas sûre d’arriver à crier quand il le faudrait – pas évident de crier sur commande au milieu de parfaits inconnus à première vue – mais il m’a répondu de ne pas m’inquiéter, que ça viendrait naturellement dans le déroulement du truc. Et c’est bien ce qui s’est passé.

Ça a commencé soft avec un peu de relaxation et de méditation guidée par la voix de l’animateur et un petit debrief pour savoir comment tout le monde se sentait. La sauce est ensuite montée progressivement. L’idée était de laisser refaire surface les émotions douloureuses refoulées qui absorbent notre énergie, de les reconnaître pour ce qu’elles sont et de les laisser s’exprimer pleinement. Après il fallait visualiser une personne en particulier qui nous avait fait du mal ou qui nous avait rendu triste ou en colère, et s’imaginer dire à cette personne tout ce qu’on avait sur le cœur. Re debrief. A ce stade, j’étais à fond. A la dernière étape, la voix de l’animateur a commencé à enfler sur fond de musique de plus en plus dramatique type scène finale de blockbuster américain, et on a commencé la respiration rapide pour ouvrir le chakra du cœur, jusqu’au moment où 3…2..1.. et maintenant CRIEZ !! Et là, ben j’ai crié. De toutes mes forces, comme le monsieur avait dit (je ne dirais pas sur qui 😏). Ça m’a fait un bien fou ! 😊 Et hop, encore un truc que je vais pouvoir rayer de ma bucket-list.

Le tout s’est fini par un dernier débrief, où chacun a donné ses impressions et s’est livré à une sorte de mini auto-analyse, avec retour et commentaires bienveillants de l’animateur. Et là c’était super intéressant aussi, parce que ça montrait que décidément, aux quatre coins de la planète les êtres humains sont tous les mêmes et luttent tous contre les mêmes démons : l’une parlait de sa mère qui cherchait sans arrêt à la contrôler et qu’elle ne savait pas comment aimer parce qu’elle ne lui avait jamais témoigné la moindre marque de tendresse ou d’affection ; une autre s’en voulait terriblement de ne pas avoir été suffisamment présente pour un être cher (je n’ai pas bien compris qui) qui visiblement était décédé récemment ; une autre encore parlait de la difficulté qu’elle avait à baisser ses exigences envers elle-même et envers les autres et de sa peur de mal faire, de ne pas contrôler ce qui se passe… moi j’ai pu parler de mon arrivée toute fraîche en terre inconnue, de la peur du vide, de la solitude… c’était joli de partager ce moment d’intimité avec ces gens de l’autre bout du monde. Je suis repartie ravie, sereine et prête à affronter la suite.

Pour clore le chapitre « activités locales », j’avais aussi envie d’essayer d’établir le contact avec des musiciens sur place. J’ai appris un soir qu’il y avait un groupe de jazz qui jouait dans un café hollandais un peu chic, le café Batavia. J’y suis donc allée siroter une Bintang Radler bien fraîche (*la bière locale, signifie « étoile » en indonésien, parmi les meilleures bières d’Asie selon la rumeur). En papotant un peu avec le serveur, j’ai avoué que je chantais en France et du coup j’ai été appelée d’office sur scène par le chanteur, un indonésien super sympa qui m’a fait chanter deux ou trois morceaux, plus un ou deux duos avec lui. Ça groovait bien derrière ! Le karaoké étant un sport national dans beaucoup de pays asiatiques, ça doit faire partie du show de faire participer les gens. Après avoir invité une ou deux autres personnes à monter sur scène, on a fini à cinq ou six avec le chanteur à brailler les derniers tubes dans une ambiance plutôt festive et le reste du public (une dizaine de personnes à tout casser) qui se trémoussait devant la scène. Alex, tu aurais détesté ! 😂 En tout cas première scène indonésienne : check ! J’ai pris le numéro des musiciens et j’espère bien les recroiser la prochaine fois que je repasse à Jakarta (a priori à la fin du mois pour prendre un avion pour Singapour).

Le café Batavia, une ambiance un peu différente de celle du marché chinois

Escapade au jardin botanique

Une des questions que beaucoup de gens se (me) posent à propos du voyage en solo : est-ce qu’on ne se sent pas trop seul(e)? La réponse en ce qui me concerne est : très rarement. En fait, il ne se passe pas plus d’une journée sans que je rencontre des gens et que j’échange au moins deux mots.

Les locaux sont toujours ravis de papoter et agréablement surpris qu’un « bule » (= blanc) leur réponde dans leur langue, ce qui me permet de bosser mon indonésien. Je peux déjà dire ce que je fais, d’où je viens, où je vais, combien de temps je reste, non je n’ai pas d’enfants mais j’ai un chat, éventuellement si j’ai un mari (quand je veux qu’on me fiche la paix), oui je parle l’indonésien mais juste un tout petit peu (« sedikit sedikit »), plus deux ou trois autres petites choses incontournables (« je voudrais une petite bouteille d’eau fraîche svp! Combien ça coûte? Quoi?? Beaucoup trop cher! »etc). A côté de ça, dans les hôtels ou les transports il y a toujours quelques touristes avec qui discuter de nos plans de voyage, des trucs cool à voir (et surtout quand et comment s’y rendre parce qu’ici rien n’est simple). Bref, de quoi avoir sa dose quotidienne d’interactions sociales, voire faire de belles rencontres.

Et en parlant de belles rencontres, je suis tombée sur Morritz, un allemand très sympa (comme tous les allemands) au SFR local. On essayait tous les deux de se procurer une carte SIM sans se faire trop arnaquer. On a sympathisé et il m’a proposé de venir avec lui et une de ses copines indonésienne le lendemain pour se balader au jardin botanique de Bogor dans les environs de Jakarta. En plus d’une agréable trêve loin de l’atmosphère irrespirable de Jakarta, on a passé une super journée tous les trois à rigoler et à papoter comme de vieux copains.

 

On a aussi eu droit à notre quota d’autographes : à Java les gens sont très peu habitués à voir des touristes blancs alors ils adorent se prendre en photo avec eux. Ça donne un peu l’impression d’être Céline Dion en tournée partout où tu vas, c’est plutôt marrant, et puis surtout ça permet de demander la réciproque sans trop de scrupules.

Morritz et Lenny partaient malheureusement dès le lendemain pour un périple de 3 semaines à travers Java puis Bali, mais on a prévu de se recroiser à Bali, et Lenny me propose un trek à Bornéo après pour voir les orang-outangs 🤗

————-

Voilà voilà, ça c’est à peu près ce qui s’est passé les cinq premiers jours.. il va peut-être falloir que j’ajuste le niveau de détail 🤔

Bref, après tout ça, j’ai finalement quitté Jakarta et pris l’avion pour me rendre à Nusa Penida, une petite île au large de Bali censée être un peu épargnée par le tourisme de masse. J’y coule des jours plus ou moins tranquilles depuis une semaine, entre épisode punaises de lit, plage de rêve, passage de diplôme de plongée sous-marine… et premier tremblement de terre 😨

La suite de ce feuilleton haletant dans le prochain épisode..

E-kiss 😚

6 Commentaires

  1. Victoria Victoria

    Tu ô toujours été mô Céliiine! Et bientôt grande chanteuse indonesioenne! Vivement la suite des aventures

    • Miamduchocolat Miamduchocolat

      😂

  2. Framboise Framboise

    C’est incroyable… les aventures de Marie !
    C’est plus addictif qu’une série ton truc dis !
    Ça fait plaisir de te lire, j’ai l’impression d’être un peu avec toi.

    • Miamduchocolat Miamduchocolat

      😍😍😍

  3. Andra Andra

    Selamat Minoum
    La suite, la suite….

    • Miamduchocolat Miamduchocolat

      Ça y est ! 😊

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