
Je quittais donc à regret l’Inde multicolore pour m’envoler encore plus loin là-bas, tout au bord du monde, direction la Nouvelle-Zélande 😎
Je comptais y serrer la pince d’Ancelin, un ami d’enfance expatrié là-bas depuis deux ans, et puis aussi voir de mes propres yeux ce pays mystérieux, dont mon père disait encore, après une vie passée à voyager aux quatre coins du globe, que c’était l’un des plus beaux endroits sur terre. Quitte à être déjà à mi-chemin, autant pousser la curiosité 15h d’avion un peu plus à l’est..

Sans transition bonsoir
Bon alors pour ceux qui n’ont pas encore étudié le petit coin en bas à droite de leur planisphère, la Nouvelle-Zélande est composée de deux îles principales, appelées sobrement « l’île du Nord » et « l’île du Sud » – oui, les néo-zélandais sont des gens qui ne se prennent pas trop la tête.

L’île du Sud est communément décrite comme la plus sauvage et la plus belle ; c’est là où j’ai décidé de passer le plus clair de mon séjour. Au total, un mois et demi d’exploration dont je ne regrette pas une seconde. En fait, si je devais résumer cette partie du voyage, je ne vous dirais qu’une chose : il ne faut pas mourir avant d’avoir vu la Nouvelle-Zélande.
Et pourtant, Dieu sait que le choc culturel après 6 mois en Asie a été rude. Ça a commencé dans l’avion : que des blancs !! 😱 Jpeux vous dire que ça faisait bizarre après avoir été en minorité ethnique partout où j’allais depuis tout ce temps. Tous ces visages pâles, ça semblait pas normal du tout.
Et puis une fois sortie de l’aéroport, toutes ces rues incroyablement calmes et vides, l’environnement parfaitement propre et bien maîtrisé, le retour au confort moderne (aaah l’eau potable qui sort du robinet 💚).. Une impression étrange, et pour être franche, plutôt désagréable ! Fini l’aventure, fini le bordel, bienvenue dans un monde lisse et bien discipliné.. Ça m’a semblé d’un ennui.. 😒
Heureusement, j’ai eu la chance d’être hébergée à l’arrivée par des amis d’amis, Joe et Joelle – ça c’est ce qui s’appelle être bien assortis – un couple de Kiwis* super sympas qui m’ont offert le luxe d’une chambre à moi toute seule, avec lit double à l’américaine qui rebondit quand on s’assoit dessus et vue verdoyante sur le jardin. De quoi se remettre de mes émotions et regonfler le moteur pour aborder ces nouvelles latitudes l’esprit serein.

*« Kiwi » : petit nom affectueux désignant les néo-zélandais, en référence non pas au fruit, mais à l’oiseau du même nom, espèce menacée difficile à apercevoir en liberté. Sorte de de poussin géant avec un bec à rallonge et un plumage à la Chewbaka, c’est un drôle d’animal – perso j’en ai vu qu’en photo ⤵️

Quant aux autres kiwis, ceux qu’on mange au ptit déj, j’ai découvert que pendant qu’on vend des kiwis néo-zélandais dans les supermarchés français, là-bas ils ont droit.. à des kiwis italiens !! Et non, c’est pas une blague ! La majorité de la production de fruits néo-zélandaise est exportée, du coup y en a plus assez pour la consommation locale et il faut importer.. Voilà voilà.. La planète est en train d’étouffer sous le CO2, mais à part ça ne vous inquiétez pas, le capitalisme mondialisé, lui, se porte à merveille !
Christchurch : rien à signaler
J’ai donc atterri à Christchurch, ville côtière située à l’est de l’île du Sud. J’ai appris sur place que la ville avait été ravagée par un puissant tremblement de terre en 2011, au cours duquel pas mal de bâtiments du centre ville avaient été détruits. On peut encore en voir les traces, notamment l’impressionnante carcasse éventrée de la cathédrale :

A part ça, Christchurch est la 2ème plus grande ville du pays et la première de l’île du Sud, avec attention, accrochez-vous bien.. un peu plus de 340 000 habitants woohoo 🙆♀️ Un ptit village en Inde, quoi ! 😁 Et c’est vrai qu’à côté, Limoges, c’est Rio de Janeiro : ici la plupart des commerces et des cafés ferment à 17h30 ou 18h, ce qui est chouette pour l’équilibre vie perso/vie pro des employés (que j’ai à cœur), mais il faut l’avouer, un peu moins chouette côté ambiance dans les rues en fin d’aprem.. Bref, disons-le franchement : c’est mort !!

..Ah si : le musée 🤓
Maintenant que j’y pense, j’ai quand même visité un super petit musée, le Canterbury Museum, dont l’expo permanente sur l’histoire de la Nouvelle-Zélande m’a fourni quelques précieux éléments de contexte historiques et géographiques (j’avoue, j’avais même pas ouvert mon Lonely Planet avant de débarquer 😬).
SPOILER : La partie suivante concerne ceux qui ont envie d’en savoir plus sur la Nouvelle-Zélande ; pour ceux qui s’en foutent et veulent juste voir des selfies sur la plage, jvous conseille de zapper les prochains paragraphes
Sans trop rentrer dans les détails tech(to)niques, la Nouvelle-Zélande (ou plus précisément la « Zealandia ») s’est détachée du super-continent Gondwana pendant la période du Jurassique (y a longtemps quoi). Cet isolement géographique prolongé a engendré le développement de nombreuses espèces animales et végétales endémiques – en français, y a des tas de trucs qu’on ne voit que là-bas 🧐
Autre particularité : avant l’arrivée de l’homme, on n’y trouvait aucun mammifère non marin, à part des chauves-souris. Ni tigre, ni loup, ni ours, rien ! C’est fou, non ? Ne rencontrant aucun gros prédateurs au sol, plusieurs espèces d’oiseaux ont tout simplement perdu la capacité de voler au fil de l’évolution. Ben oui, pourquoi se fatiguer quand on peut traîner ses guêtres tranquille sur la terre ferme sans risque de se faire croquer par qui que ce soit ? Parmi ces oiseaux feignasses, le kiwi susmentionné, ou encore le weka, à mi-chemin entre le poulet et le faisan :

Un autre de ces oiseaux emblématiques est le moa, un genre d’autruche préhistorique géante (jusqu’à 3,6m quand même), seul oiseau complètement dépourvu d’ailes, petit ange parti trop tôt comme dirait Guillaume Meurice. En effet, le moa a tiré sa révérence peu de temps après l’arrivée des premiers habitants humains, à qui il fournissait une proie un peu trop facile. Tout comme son seul autre prédateur d’ailleurs, l’aigle géant de Haast, le plus grand rapace connu – Wikipedia n’est pas fichu de me dire sa taille mais bon, pour bouffer une autruche de 200kg, il faut être plutôt costaud a priori 😰

Non contents d’éradiquer ces espèces millénaires, les humains ont introduits plusieurs mammifères qui se sont fait une joie de dévorer tous les petits oiseaux naïfs et sans défense qui vivaient jusque-là en paix, entraînant l’extinction de tout un tas d’autres espèces. Et ouais, on est comme ça nous les humains, fallait pas nous inviter..
Le problème est toujours d’actualité puisque les autorités se battent aujourd’hui pour tenter d’éradiquer le possum, petit rongeur mignon originaire d’Australie – en fait apparemment un terrible serial killer qui menace l’écosystème néo-zélandais, au point que les locaux vous diront qu’ « un bon possum est un possum mort » 😳
En effet, les Kiwis sont les gens les plus sympas du monde.. jusqu’à ce qu’on leur parle de possum. La haine du possum semble profondément ancrée dans les gènes ; le possum, c’est un peu le pigeon parisien, aucune torture n’est trop barbare pour s’en débarrasser. Petite pensée émue pour ces pauvres bestioles, qui n’ont pas demandé à arriver là et qui subissent un génocide dans le silence assourdissant de la communauté internationale 😥
*NB : Attention, ne pas confondre le possum avec son cousin d’Amérique du Nord, l’opossum ! Bien qu’ils fassent partie de la même famille, les marsupiaux, ce sont deux bestioles différentes (décidément, qu’est-ce qu’on en apprend des choses utiles sur ce blog..).


Autre fun fact : ici, ni serpents, ni énormes araignées venimeuses, ni crocodiles, ni méduses mortelles.. La nature est aussi accueillante que la population, ce qui fait dire fièrement aux Kiwis que la Nouvelle-Zélande, c’est un peu l’Australie mais sans tous les trucs qui essaient de te tuer à chaque coin de buisson.
*NB : Oui alors il faut savoir aussi qu’entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, c’est l’amour vache ; une sorte de mini guerre froide culturelle entre deux soeurs qui se ressemblent trop pour s’entendre. Si vous voulez vexer un kiwi, présentez-le comme australien ! S’il fallait vraiment compter les points, c’est vrai que les kiwis, malgré leur côté un peu rustique (les mauvaises langues diraient redneck), font preuve d’une authenticité et d’une simplicité fort appréciables – et puis oh hé, ils ont les All Blacks !! 😎
Bon et les humains alors ?
Côté bipèdes, les premiers à avoir poser un orteil en Nouvelle-Zélande sont les Maoris, arrivés par vagues successives de Polynésie et Nouvelle-Calédonie quelque part entre 1000 et 1300 ans après Jean-Claude, ce qui en fait l’un des derniers territoires découverts par l’homme.
Et puis comme d’habitude, les Européens ont décidé d’y mettre leur grain de sel avec une première visite de courtoisie en 1642 (peuvent pas rester chez eux ceux-là pour changer ?!). Le pays devient officiellement colonie britannique en 1840 et n’arrivera à se débarrasser pour de bon de ces maudits rosbifs qu’en 1947 – mais reste quand même membre du Commonweatlth et garde la reine d’Angleterre comme cheffe d’état officielle, parce que quand même, faut pas déconner.
Aujourd’hui, de nombreuses initiatives sont menées afin de préserver la culture maorie et protéger les populations autochtones, qui représentent environ 15% de la population totale. La langue maorie bénéficie du statut de langue officielle avec l’anglais ; elle est enseignée dans de nombreuses écoles. Il existe même un parti maori.
Pour autant, ne sautez pas trop vite au plafond : derrière ces efforts louables pointe une réalité encore difficile. Comme la plupart des peuples indigènes dans le monde, les Maoris font l’objet d’un racisme plus ou moins latent, qui se traduit par des différences persistantes d’emploi, de revenu, d’accès à l’éducation ou encore au logement. En 2000, la différence d’espérance de vie moyenne entre maoris et pakeha (personnes d’origine européenne) était encore de 10 ans..
Autre curiosité locale : le punamu
Toujours dans ce petit musée, une super expo temporaire présentait le fameux punamu, nom maori d’une variété de pierre de jade qu’on ne trouve que dans le sud du pays. D’une jolie couleur qui va du vert bouteille au vert clair presque transparent, c’est une pierre très solide, prisée jadis des Maoris pour la construction d’armes et d’outils, et encore aujourd’hui pour sculpter des bijoux.



Et pour une fois, initiative géniale je trouve, on avait le droit de toucher 🤗

Le mot de la fin (ou plutôt de la faim)
Arrivée en Nouvelle-Zélande les mains dans les poches, sans la moindre idée de ce qui m’attendait, j’ai été surprise notamment par deux trucs : les Kiwis sont plus ruraux que ce que je pensais – en tout cas sur l’île du Sud – et la culture locale est très américanisée (si on met de côté l’héritage maori bien sûr, surtout présent sur l’île du Nord).
Tout ça en fait un pays un peu moins excitant à mes yeux d’un point de vue culturel, et pas forcément enthousiasmant non plus sur le plan culinaire.. A une exception (notable) près : le burger of course !! Après 6 mois de nourriture presque exclusivement asiatique, la première bouchée m’a fait frôler l’orgasme 😍

***
Bref, après tout ça, j’étais réacclimatée au monde moderne et prête à repartir à l’aventure, yeehaaaa 😎🤠
Dans le prochain épisode, début du road trip à travers l’île du Sud : rencontres, randos et paysages à couper le souffle..

L’ennui n’a pas ôté ta poésie ! 🥰
Pas de match de rugby prévu ?
Hé non ! 😏
Mais d’autres trucs marrants 😉
Moi j’en rêve de la Nouvelle-Zélande !!! Ta photo est superbe (pas celle du Kiwi, mais toi devant les montagnes) J’ai déjà envie de réserver mon été 2020 là-bas…
Hâte d’avoir la suite…
Sal Animal pittoresque !
Fonce animal, tu vas adorer!
J’ai pensé à toi hier devant une démonstration de karaté. J’ai été époustouflée par la complexite de ce sport … Rien à voir avec le chmilblick mais je voulais te le dire ! La nouvelle Zélande a l’air chouette, pas eu la chance d’aller jusque là bas encore.
Bon et tu rentres quand parce qu’on commence à avoir envie de voir ta bouille !!! Et tes posts se font de plus en plus rares 😢 … allez profite et reviens vite ! 😘
Ah oui le karaté hihi je suis sacrément rouillée, va falloir que je m’y remette 😬
Je rentre très bientôt! Le 24 juillet inch’allah! Et promis, j’écris au moins 3 nouveaux posts d’ici là ! Bientôt je vous raconterai de vive voix 😉😉
Merci d’avoir suivi mes aventures si fidèlement 🤗😘