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Welcome to India !

L’Inde n’était pas spécialement au programme au départ.

J’avais très envie d’y aller, mais sans forcément me sentir le courage de débarquer toute seule dans cet étrange et immense pays, pas toujours tendre avec les femmes qui voyagent en solitaire..

Mais l’univers m’a une fois de plus tendu une perche que je me suis empressée de saisir : Charan (mon copain de Kuala Lumpur) m’a proposé de l’accompagner au mariage de son cousin au mois de février, et d’en profiter pour faire un tour avec moi et me faire découvrir un peu son pays.

Autant vous dire qu’une occasion pareille, ça se refuse pas ! Je me suis donc empressée de commander mon e-visa et un billet d’avion pour Bangalore, petite bourgade d’environ 12 millions d’habitants et accessoirement capitale de l’Etat du Karnataka, dans le sud de l’Inde.

Bangalore : le baptême du chaos

On s’est donc donné rendez-vous à l’aéroport de Bangalore, Charan arrivant de Kuala Lumpur et moi de Bangkok.

Pour l’anecdote, j’ai bien failli embarquer le sac à dos d’un mec (et inversement !), qui nous a rattrapé in extremis au moment où on allait monter dans un taxi. Il avait le même sac à dos que moi, avec la même housse orange par-dessus, le truc improbable. Et moi je m’apprêtais à déguerpir avec ses caleçons et ses chaussettes 😅 Apparemment Décathlon a beaucoup de succès en Inde – je le saurai pour la prochaine fois.

***

Après cette première fausse frayeur, on a sauté dans un taxi et là, j’ai atteint en quelques minutes un niveau inédit de détachement par rapport à la vie, et ce grâce à une expérience unique en son genre : la conduite sur les routes indiennes. Je pensais être plutôt rôdée avec l’Indonésie, mais franchement, il faut reconnaître que les indiens boxent dans une autre catégorie. Ils sont carrément vénères.

Un exemple parmi d’autres : les gens doublent en permanence et n’importe où, y compris dans les tournants, résultat toutes les trois secondes il y a quelqu’un qui arrive à fond en face sur ta file, et toi tu pries pour qu’il finisse de doubler à temps pour se rabattre avant de te rentrer dedans. En général, je sais pas trop comment ils font mais ça passe pile poil, en mode course poursuite dans un film de James Bond 😓

La priorité va au plus acharné. Comme les feux rouges ça n’existe pas, les carrefours consistent en une flopée de voitures et autres motos débarquant à toute blinde des quatre points cardinaux et se croisant au milieu dans un bordel complet, avec de temps en temps un type qui sort de son véhicule et se met à faire la circulation bénévolement pendant un ptit quart d’heure, histoire de démêler tout ça. J’exagère même pas.

Quoi que tu cherches à faire, la solution c’est klaxonner, une dizaine de fois par minute minimum et quelque soit l’heure du jour ou de la nuit (jvous laisse imaginer l’ambiance dans les rues). Si t’es piéton, t’as intérêt à courir vite parce que main en l’air ou pas, personne ne se fatiguera à freiner, on préfèrera te rouler sur les pieds.

Les sens des rues ne sont là qu’à titre vaguement indicatif : une ou deux fois mon tuktuk a remonté toute une rue (genre 4 voies) en sens inverse de la circulation pour gagner du temps dans les embouteillages – ah oui parce que Bangalore, c’est le périph aux heures de pointe quasiment en permanence. Si tu veux traverser la ville à certaines heures de la journée, t’auras plus vite fait d’y aller à pied.

Finalement, les seuls êtres qui vont et viennent sans se soucier de se faire écraser ou coincer dans les embouteillages, ce sont les vaches, qui elles, déambulent tranquillement au beau milieu des rues, comme si le ciel pouvait leur tomber sur la tête qu’elles ne changeraient ni de cadence, ni de trajectoire. La première fois ça fait un drôle d’effet – un peu comme si des troupeaux de moutons se promenaient en liberté sur les Grands Boulevards et zigzagaient tranquillement entre les voitures.. C’est à la fois complètement absurde et assez poétique 🙂

Marguerite, relax, se balade en sens inverse de la circulation

Bref, les premières minutes dans le taxi j’ai cru que j’allais mourir, mais assez vite j’ai pris le parti d’en rire, et à partir de là c’est devenu très amusant – à mi-chemin entre les montagnes russes et la roulette russe. Chaque trajet devient une aventure, impossible de s’ennuyer.

Petit aperçu en direct d’un tuktuk
Le top du top : sillonner la ville sur la moto de Charan 😎

Premiers pas

Les deux premiers jours, on est restés dans la famille de Charan, le temps d’organiser notre petit périple dans le Kerala. Au programme : immersion dans la culture locale et dépaysement total.

Les parents de Charan habitent un appartement dans le sud de la ville, avec le frère de Charan, sa femme et leur fils de 3 ans. C’est une situation très courante en Inde, et pas forcément pour une question d’argent : la famille tient une place prépondérante et il est encore fréquent que les jeunes mariés emménagent chez leurs beaux-parents (généralement chez les parents du marié).

Le premier soir, on s’est donc tous assis par terre en rond pour dîner. Ni table, ni couverts : le riz et la sauce curry sont servis dans une assiette en métal et on mange tout ça avec les doigts. Autant vous dire que mes premières tentatives n’étaient pas belles à voir 😬 Mais au fur et à mesure jme suis habituée (y a une technique en fait), si bien qu’à la fin du séjour j’avais complètement adopté le système. Après, ça a été hyper frustrant de devoir réutiliser des couverts : c’est tellement meilleur sans !!

La maman de Charan
Au restaurant avec la maman de Charan, son frère et son neveu (là aussi avec les doigts !)
Mon 1er thali* au fameux restaurant MTR – toujours avec les doigts 🙂
(*thali = « repas » : assortiment de plats servis sur une même assiette, dont la composition varie d’une région à l’autre ; ceux que j’ai pu déguster offraient un choix de currys/chutneys accompagnés de riz et de pain, ainsi que d’un petit dessert style riz au lait ; MIAM ! 😋)
Instant de tendresse universelle

Processus d’indiennisation enclenché

La famille de Charan m’a accueillie avec beaucoup de gentillesse (bien que ma présence ne respecte pas tout à fait les coutumes locales, comme je l’ai compris par la suite..)

Le lendemain de notre arrivée, ils m’ont emmenée faire les magasins pour m’acheter une tenue pour le mariage, ainsi qu’une ou deux tuniques à la mode locale. En effet, pas question de se balader les fesses à l’air par ici. J’avais déjà pris l’habitude de voyager en pantalon, le short n’étant pas tellement à la mode en Indonésie (et puis en plus ça m’épargne des kilomètres carrés de crème solaire à étaler trois fois par jour). Mais là, il fallait aussi dire adieu à mes débardeurs et autres décolletés, même discrets. Les femmes indiennes sortent couvertes (enfin sauf le ventre !) et jme fais déjà assez remarquer comme ça avec ma peau décolorée et mes cheveux jaunes 😏

J’ai été surprise de constater qu’une majorité de femmes, quel que soit leur âge, portent encore la tenue traditionnelle, le fameux sari. Mis à part dans les quartiers plus branchés de Bangalore, où les jeunes femmes sont habillées à l’occidentale, le sari est encore largement répandu : les couleurs et les motifs sont très variés, les façons de le porter aussi, avec diverses particularités locales (ex : les saris blancs typiques du Kerala).

C’est très joli à voir toutes ces femmes incroyablement élégantes, vêtues dans la vie de tous les jours de tissus chatoyants qu’on oserait à peine porter pour aller à un mariage sous nos latitudes. Bon, certes, pas hyper pratique pour faire de la gymnastique ou courir après le bus, mais quand même, c’est la classe !

Côté pile
Côté face

Le sari est composé d’une petite blouse en forme de brassière ajustée, d’un jupon et d’un vaste morceau de tissu (5 ou 6 mètres), dont la plus grande partie est enroulée de manière extrêmement savante autour des hanches, et une extrémité passée par-dessus une épaule, laissant – c’est toute l’ironie de la chose à nos yeux occidentaux – le ventre (souvent bedonnant) à l’air.

Autant dire que j’étais assez excitée à l’idée de porter l’un de ces trucs. Après avoir essayé plusieurs formules, j’ai choisi un magnifique tissu bleu, rouge et or. Prochaine étape : le tailleur 😎 Et oui, parce qu’on peut acheter la blouse toute faite ou bien la faire faire sur mesure pour la modique somme d’environ 5 euros. Le tailleur a donc pris mes mesures, j’ai choisi le patron de ma blouse parmi quarante-six mille modèles et hop, rendez-vous à notre retour du Kerala pour essayer tout ça et filer au mariage du cousin.. (Suite de l’affaire du sari dans le prochain épisode 😉)

Sinon, pour ce qui est des tenues de tous les jours, je me suis procuré deux tuniques à manches longues (pas toujours top quand il fait 35/40° dehors mais enfin on s’habitue) et j’ai trouvé un petit stratagème : j’ai passé un mois à porter mes débardeurs à l’envers, décolleté dans le dos. Ça passait impec 👌

***

Bon et puis pour finir il faut quand même que je vous dise un mot sur le bindi (ou tika). C’est la marque – rouge le plus souvent – portée au milieu du front, symbole du 3ème oeil de Shiva et placée au niveau du 6ème chakra (cf. photo de la maman de Charan plus haut).

Obtenu à partir de poudre de curcuma ou de bouse de vache séchée (hé oui, même leurs crottes sont sacrées), il était porté à l’origine par les femmes mariées ou les religieux. De nos jours il est utilisé plus largement comme accessoire de mode ; la poudre est alors remplacée par un bijou autocollant en plastique.

C’est Galit, une israélienne rencontrée un peu plus tard dans le voyage, personalité haute en couleurs et désormais grande amie, qui m’a offert mon premier bindi (cf. photo ci-dessous). L’essayer, ça a été l’adopter 🙏 Après ça, on est parties faire une razzia au magasin du coin, et pour environ 1,50€ (après négo), on s’est procuré une provision de bindis pour au moins 3 mois.

Depuis, j’ai un succès fou avec mon nouveau staïle, y compris en Nouvelle-Zélande, d’où je vous écris avec évidemment beaucoup de retard 😳

Bindi sisters

Direction le Kerala

Mais revenons à nos moutons. Après deux ou trois jours de préparatifs et de balade dans la ville (pour peu qu’on puisse appeler « se balader » le fait d’avaler des tonnes de poussières dans les embouteillages), on a embarqué dans un bus de nuit direction Kannur, ville côtière de l’Etat du Kerala, dans le sud-ouest de l’Inde.

Environ 12h de trajet, donc techniquement la porte à côté en proportions indiennes (loin = plusieurs jours de voyage). Première expérience du bus à couchettes : très chouette, si tant est qu’on ne soit pas trop à cheval sur la propreté – enfin ça c’est valable pour à peu près tout là-bas.. Dieu sait que je suis plutôt maniaque à la base, mais alors là faut laisser tomber tout concept occidental d’hygiène, sinon tu deviens chèvre (ou plutôt vache).

***

Les jours suivants ont été étonnants et magiques.. Mais jvous raconte tout ça dans le prochain post 😉

10 Commentaires

  1. FRed de GARILHE FRed de GARILHE

    La tof de la maman de Sharan et son petit-fils, wow…. 10M dolls pic 😉

    • Miamduchocolat Miamduchocolat

      Merci, jla trouve très belle aussi !

  2. Rebekks Rebekks

    Marie, what an exciting adventure! The English version sis quite funny to read, but at least I get your stories. Sounds like you really enjoyed your trip to India. Can’t wait to see you in a sari, and to hear the story about the wedding. More more more! Send you love and hugs wherever you are.

    • Miamduchocolat Miamduchocolat

      Sweet of you to read it 🤗
      And thanks for putting up with the terrible Google translation!! 🤦‍♀️😅
      More coming soon 😋

  3. Clem Clem

    Vite la suite !!!
    Magnifique Marie, le blindi te va à ravir !

    • Miamduchocolat Miamduchocolat

      Merci hihi 🤗

  4. Laura Laura

    Marie!! A quand la suite 🙂 trop cool de lire cette histoire sur l’Inde.
    Bisous – Laura

    • Miamduchocolat Miamduchocolat

      On y travaille ! 😉

  5. marie reclus marie reclus

    trop bien le blindi, la classe ! je trouve que tu décris parfaitement l’experience de la route en inde !! hate de lire la suite. gros bisous

    • Miamduchocolat Miamduchocolat

      Hihi je pense bien à toi! 😋😘

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